L'état d'esprit n'est pas une question d'intelligence. C'est une décision : rester enfermé dans ses certitudes, ou opérer en état d'esprit de croissance.
Vous connaissez ces dirigeants qui trouvent une issue quelle que soit la difficulté. Le marché se retourne, un membre clé du Comex part, le board durcit ses exigences : ils tiennent le cap et finissent par produire une décision. Ce n'est pas une question de quotient intellectuel. C'est une question d'état d'esprit.
Un comportement, quel qu'il soit, est relié à nos croyances. Celles-ci proviennent de notre éducation, de l'environnement dans lequel nous avons grandi, des expériences qui nous ont façonnés et d'un besoin à combler. Pour un dirigeant comme pour quiconque, ce système de références agit en arrière-plan, à chaque arbitrage.
Changer de comportement implique de modifier ses croyances et de revisiter ses besoins. Les croyances sont l'essence même de nos comportements.
On parle de croyances limitantes pour qualifier celles qui nous empêchent de franchir certains caps, celles qui bloquent l'évolution. À l'échelle d'un mandat, elles se traduisent en conversations repoussées, en décisions évitées, en angles morts dans la lecture d'une situation.
Ce sont elles qu'il faut déconstruire pour ancrer de nouvelles habitudes, choisies et décidées. C'est précisément là que le neurohacking sert le leadership.
Qu'est-ce que le neurohacking ?
Le neurohacking combine les dernières recherches en neurosciences avec des techniques pratiques pour optimiser le fonctionnement du cerveau. Pour un dirigeant, cette approche permet :
D'installer de nouvelles habitudes, car je ne suis pas ce que je sais, je suis ce que je fais.
D'améliorer la qualité de la concentration et de la mémoire : j'apprends à ne plus négocier avec mon cerveau.
D'apprendre à réguler ses émotions en comprenant leur origine et leurs cycles, car une émotion est au centre d'un cycle biologique qu'il faut comprendre et contrôler.
Le neurohacking est devenu un levier puissant dans l'accompagnement des dirigeants : c'est une méthode efficace pour franchir de nouveaux caps, dans la prise de fonction comme dans l'exercice quotidien du mandat.
Comment le neurohacking renforce votre leadership
Appliquées au leadership, les techniques de neurohacking se concentrent sur l'état d'esprit et les habitudes. Voici comment :
- Renforcer la résilience mentale : rester concentré, même sous tension, pour observer la réalité avec objectivité et cesser de ruminer une décision passée ou un signal de marché.
- Améliorer la prise de décision : accroître la capacité à trancher avec objectivité, malgré la pression du board, de l'agenda et des parties prenantes.
- Installer des habitudes qui soutiennent la performance, corps et esprit : le neurohacking aide à identifier et à modifier les schémas de pensée négatifs, et à développer des routines qui soutiennent la performance dans la durée. Une habitude commence par la discipline.
Un rituel pour démarrer la journée et se conditionner à la performance
Avant le premier rendez-vous, avant la première décision : la manière dont vous démarrez la journée conditionne votre état physiologique pour les heures qui suivent. Un protocole simple, reproductible :
- Un verre d'eau au réveil : le corps a besoin d'être hydraté, et c'est une habitude facile à installer.
- 10 minutes d'activité physique : faire monter le cardio et étirer tout le corps. Le corps est le principal véhicule de l'action. Ces 10 minutes déclenchent une diffusion de dopamine et de sérotonine, tout en réduisant le cortisol au réveil.
- 10 minutes de méditation ou 1 minute de douche froide : apprendre à observer avec objectivité et à ne pas négocier avec son cerveau. Cela ne fonctionne pas seulement en théorie : l'ancrage est physiologique.
- 5 à 10 minutes de journaling : structurer la journée et définir ce qui doit primer aujourd'hui.
Optimiser son esprit, son cerveau et son corps
Le modèle intégral de la performance cognitive et émotionnelle s'articule autour de quatre axes : l'Esprit, le Corps, les Relations et l'Environnement. Ce sont les axes dérivés des piliers de l'épigénétique.
- Développer son ESPRIT par des pratiques qui élèvent la qualité de la pensée elle-même : la méditation, des exercices de gratitude, l'écriture, la musique, ou plus rare, la programmation neurolinguistique. Notre perception de la réalité dépend de notre état d'esprit. Contrôler son état d'esprit, c'est contrôler sa lecture du réel — et donc la qualité de ses arbitrages.
- Prendre soin de son CORPS par des pratiques physiques qui influent positivement sur tout l'écosystème : un sommeil de qualité, une bonne nutrition, de l'exercice physique quotidien. L'attention portée au corps pose les bases d'une énergie soutenue, d'une santé durable et de la maîtrise des émotions — trois actifs critiques pour qui exerce sous charge mentale élevée.
- Choisir des RELATIONS saines : l'humain est un animal social. Nos comportements sont influencés par notre entourage plus que par tout autre facteur. Nous agissons en permanence pour créer une résonance avec ceux qui nous entourent. L'aphorisme selon lequel nous sommes « la moyenne des cinq personnes avec lesquelles nous passons le plus de temps » se vérifie fréquemment. L'équilibre passe par des choix, parfois difficiles : écarter les personnes toxiques et se rapprocher de celles qui tirent vers le haut — y compris dans la composition d'un comité de direction.
- Protéger son ENVIRONNEMENT : l'environnement recoupe les aspects de l'expérience quotidienne — le travail du corps, de l'esprit et des relations sociales. Mais il inclut aussi la qualité de l'air que l'on respire, les conditions de sommeil, l'éclairage des lieux de vie, le soin porté à l'esthétique qui nous entoure, et la capacité à se dépayser et à raviver régulièrement sa curiosité. Protéger son environnement, c'est aussi avoir conscience du vivant qui nous entoure, du caractère sacré de la Vie et de la planète où tout ceci se déroule.
