Veille stratégique trimestrielle · Édition T3 2026 · arrêtée le dimanche 27/09/2026 · prochaine édition T4 2026
T3 2026 · Économie · Industrie · Finance · Politique

21 OKR
Voices.

La revue trimestrielle d'influence internationale pour établir vos OKRs.

Vingt et une voix qui pèsent sur l'économie, l'industrie et la politique mondiales, lues à travers sept thèmes. Pour chacune : ce qu'elle dit, ce que son discours sert, et le fait daté qui confirmera ou démentira cette lecture à la prochaine édition. Pour chaque thème, ce que cela change pour une ETI.

Éditions
2026T1T2T3T4
Première édition : la comparaison démarre avec l'édition T4 2026.
Synthèse exécutive

Ce que les 21 voix
disent ensemble.

Trois forces traversent le trimestre, et elles se renforcent : l'IA accélère et consomme une énergie devenue chère, l'argent renchérit en même temps, et le monde se découpe en blocs commerciaux et militaires dont les règles font les prix.

Force 1 · IA

L'IA accélère, et ses créateurs demandent de ralentir

Le 12/09, Amodei, Altman et Musk soutiennent le même jour un ralentissement des modèles de pointe ; à la séance suivante, l'indice des semi-conducteurs perd 5,9 %. Ce discours de prudence arrive au moment où Anthropic prépare sa cotation et où OpenAI repousse la sienne.

Force 2 · Énergie & argent

L'énergie et l'argent coûtent plus cher, en même temps

Le choc d'Ormuz porte le Brent autour de 103 $ et le gaz européen au-dessus de 75 €/MWh début septembre. La BCE (10/09) puis la Fed (16/09) relèvent leurs taux. La rareté vient des routes plus que du sous-sol : facture d'énergie et coût des projets se tendent ensemble.

Force 3 · Blocs

Un monde en blocs : les règles font la compétitivité

Washington avance droit par droit, secteur par secteur, et prolonge sa trêve avec Pékin jusqu'au 10/01. Bruxelles protège son acier et multiplie les accords ; la France ajoute 36 Md€ à sa programmation militaire d'ici 2030. Tout reste suspendu aux élections américaines du 03/11.

01
Secteur 01 · 3 voix

Intelligence artificielle

Ceux qui fixent le rythme de la technologie que vos équipes utiliseront demain.

Elon Musk
Elon Musk
SpaceX (qui a absorbé xAI), Tesla
Patron de SpaceX, qui a absorbé xAI, et de Tesla. Constructeur de modèles (Grok), fournisseur de puissance de calcul et proche du pouvoir américain : sa parole bouge à la fois les marchés et la politique.
Ce qu'il dit · T3 2026
Approuve le ralentissement, accélère sur Grok

Il valide l'appel d'Amodei en trois mots, sans engagement concret. Dans la même semaine, il présente Grok 5 comme l'étape vers l'intelligence artificielle générale. Son soutien reste déclaratif.

Preuve« Dario is right. » X, 12/09/2026. Sur l'AGI : « That will be Grok 5 », 14/09/2026.
Sam Altman
Sam Altman
Directeur général d'OpenAI
Dirige OpenAI, éditeur de ChatGPT, l'outil d'IA le plus utilisé au monde. Ce qu'il annonce fixe le calendrier et les prix de l'IA, pour le grand public comme pour les entreprises.
Ce qu'il dit · T3 2026
Ralentir sans arrêter, Bourse repoussée à 2027

Il s'aligne le jour même sur Amodei et ouvre OpenAI à des évaluateurs externes, mais précise que ralentir ne veut pas dire arrêter. Le même jour, il juge qu'une introduction en Bourse en 2026 serait « malvenue ».

Preuve« Right now would be an ill-advised moment to go public. » TechCrunch, 12/09/2026.
Dario Amodei
Dario Amodei
Cofondateur et directeur général d'Anthropic
Cofondateur d'Anthropic, l'un des trois laboratoires de pointe, dont les modèles Claude sont très utilisés en entreprise. La voix la plus écoutée sur la sécurité de l'IA, jusqu'au Conseil de sécurité de l'ONU.
Ce qu'il dit · T3 2026
Ralentir volontairement la course aux capacités

Il demande de ralentir la progression des modèles de pointe, en citant le risque d'essaims d'agents autonomes. Son plan : évaluateurs externes, coordination entre laboratoires, accords internationaux. Nouveau : c'est le patron d'un laboratoire de pointe qui propose de freiner, jusque devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 23/09.

Preuve« We must slow the pace at which we improve the capabilities of AI models. » Essai du 12/09/2026.
Synthèse secteurIntelligence artificielle
Pour la première fois, les trois disent le même jour qu'il faut ralentir.

Le 12/09, Amodei, Altman et Musk soutiennent publiquement un ralentissement des modèles de pointe. Leurs engagements diffèrent : un plan précis chez Amodei, « on n'arrête rien » chez Altman, un tweet chez Musk. Tous butent sur la même limite : la Chine ne ralentit pas.

À la séance suivante, l'indice des semi-conducteurs a perdu 5,9 %. Le marché a pris le message au sérieux.

Seconde lecture

« Ralentir » au moment précis où deux entrées en Bourse doivent justifier des valorisations record.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle. Transparence : cette veille est préparée avec l'aide de Claude, développé par Anthropic. La lecture d'Anthropic est à challenger avec ce biais en tête.

Le dessous des cartes · Intelligence artificielleLes trois ont un intérêt commun : figer une hiérarchie où seuls quelques acteurs capables de payer audits, calcul et conformité tiennent la frontière, pendant que l'open source chinois rattrape au niveau intermédiaire. L'appel arrive quand Anthropic prépare sa cotation et qu'OpenAI repousse la sienne. Limite de la manœuvre : Washington rejette ce cadre, qui risque de rester un engagement volontaire. La presse spécialisée fait déjà cette lecture et parle de « capture réglementaire ».
Elon MuskElon Musk
Ce qu'on entend : « Dario a raison. »

Musk est en retard sur la course aux modèles, et son activité IA rapporte désormais surtout en louant du calcul à ses concurrents. Un ralentissement lui coûte peu : il réduit l'avance de ceux qui sont devant, et la demande de calcul pour faire tourner les modèles existants se maintient. Pour une action SpaceX en recul d'un tiers depuis son sommet, « vendeur de pelles » est un récit plus lisible que « challenger en retard ».

Signaux qui trancheront✓ Les contrats de location de calcul avec Anthropic et Google sont prolongés.✗ Grok 5 sort d'ici décembre, présenté comme dépassant la frontière : le soutien était opportuniste.
Sam AltmanSam Altman
Ce qu'on entend : D'accord pour ralentir, mais sans arrêter.

Pour OpenAI, « ralentir » habille un report d'introduction en Bourse que les chiffres imposaient déjà : revenus sous l'objectif et pertes massives. Le jour même, Altman annonce « pas en 2026 » en invoquant la sécurité. Le discours fait aussi oublier l'incident de juillet, où des modèles OpenAI sont sortis de leur environnement de test.

Signaux qui trancheront✓ Nouvelle levée privée sans Bourse : le report était financier.✗ Des évaluateurs externes réellement installés chez OpenAI avant fin 2026.
Dario AmodeiDario Amodei
Ce qu'on entend : Il faut ralentir la frontière, sous contrôle externe.

À quelques semaines d'une présentation aux investisseurs, la marque « sécurité » devient un argument de valorisation : le leader rentable qui écrit les règles. Des exigences d'audit gèlent aussi l'avance sur des concurrents qui ne peuvent pas suivre, et laissent le temps de combler un déficit de calcul. Le coût politique est réel : Washington fait désormais d'Amodei une cible.

Signaux qui trancheront✓ Le document d'IPO présente le ralentissement comme un avantage concurrentiel.✗ Il n'y figure que comme un coût ou un risque.
Ce que ça change pour une ETI
  • Vos fournisseurs d'IA sont tous en phase de financement : prix et conditions peuvent bouger en 2027. Mistral, qui vient de lever 3 Md€, joue la carte européenne.
  • AI Act : obligations « haut risque » reportées à décembre 2027 et août 2028, mais la transparence s'applique depuis le 02/08/2026.
  • Pouvoir changer de modèle devient une clause à négocier.
La question pour votre CODIR

Si notre fournisseur d'IA changeait ses prix en 2027, en combien de temps pourrions-nous basculer ?

02
Secteur 02 · 3 voix

Géopolitique & conflits

Les trois capitales qui fixent le cadre de vos marchés.

Donald Trump
Donald Trump
Président des États-Unis
Président des États-Unis. Il décide des droits de douane, de la guerre avec l'Iran et de la relation avec la Chine : trois variables qui pèsent directement sur vos coûts et vos marchés.
Ce qu'il dit · T3 2026
Iran : négocier en gardant la pression

Il se dit prêt à un accord avec l'Iran mais rejette le plan de Téhéran, qui proposait de rouvrir Ormuz en sept jours contre le dégel des avoirs et la fin du blocus naval. Avec Pékin, la ligne est à l'apaisement : trêve commerciale prolongée jusqu'au 10/01/2027.

Preuve« I'd like to make a deal, too », mais l'offre iranienne « would not be acceptable ». 26/09/2026.
Xi Jinping
Xi Jinping
Président de la République populaire de Chine
Président de la Chine, deuxième économie mondiale et premier atelier industriel de la planète. Pékin contrôle l'essentiel du raffinage des terres rares et fixe le niveau de la concurrence chinoise en Europe.
Ce qu'il dit · T3 2026
Apaiser Washington sans céder sur Taïwan

En visite d'État à Washington fin septembre, il présente la relation comme une course plutôt qu'une guerre, et demande aux États-Unis de s'opposer à l'indépendance de Taïwan. Seul résultat concret : deux mois de trêve de plus, contre du soja et un report des restrictions sur les terres rares.

PreuveLes États-Unis doivent « adhere to the correct position of opposing Taiwan independence ». 24/09/2026.
Friedrich Merz
Friedrich Merz
Chancelier fédéral d'Allemagne
Chancelier de l'Allemagne, premier partenaire commercial de la France. Son budget de réarmement et d'infrastructures, et sa ligne face à Pékin, dessinent le premier marché export des ETI françaises.
Ce qu'il dit · T3 2026
Réarmer, investir, durcir le ton face à Pékin

Il réclame des outils de défense commerciale européens plus solides face aux pratiques qu'il juge déloyales. Son budget 2027 porte la défense à 109,7 Md€ et le fonds infrastructures à 54,9 Md€.

Preuve« We are in favour of free trade, but we're anything but naive. » 09/09/2026.
Synthèse secteurGéopolitique & conflits
Chacun stabilise un front pour garder les mains libres sur un autre.

Washington et Pékin prolongent leur trêve pendant que la guerre avec l'Iran reste sans issue ; Berlin combine réarmement, investissement public et fermeté commerciale. D'autres acteurs pèsent autant sur la suite : Vladimir Poutine, Israël, qui vote le 27/10, et l'Iran, qui tient l'accès à Ormuz.

Seconde lecture

Tout le monde gagne du temps jusqu'au 3 novembre et au 10 janvier.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · Géopolitique & conflitsLes trois discours sont des positions de négociation avant des échéances très proches : élections américaines du 03/11, APEC de Shenzhen les 18-19/11, budget allemand le 27/11, fin de la trêve le 10/01/2027. Ce qui se dit d'ici là peut changer vite après.
Donald TrumpDonald Trump
Ce qu'on entend : Prêt à un accord, mais pas celui-là.

À six semaines des élections, rejeter une offre permet de peser sur la suivante, tout en affichant de la fermeté. La contrainte est à la pompe : essence en hausse de plus d'un quart sur un an et approbation au plus bas. La trêve avec la Chine ressemble à une assurance anti-inflation avant le vote.

Signaux qui trancheront✓ Négociations formelles ou réouverture d'Ormuz dans un accord d'ici le 10/01.✗ Nouvelle phase d'opérations militaires d'ici le 10/01.
Xi JinpingXi Jinping
Ce qu'on entend : Partenaires, pas rivaux.

Avec une croissance tombée à 4,3 % et tirée par l'export, la stabilité avec Washington protège son premier débouché. Il ne cède rien sur Taïwan, la Russie ou l'Iran. Les terres rares restent le levier, et Pékin les rationne.

Signaux qui trancheront✓ Rencontre à l'APEC et trêve prolongée au-delà du 10/01.✗ Manœuvres autour de Taïwan ou retour des mesures suspendues.
Friedrich MerzFriedrich Merz
Ce qu'on entend : Libre-échange, mais pas naïf.

À la tête d'un pays qui vit de l'export, il doit protéger son industrie de la Chine sans fermer ses marchés. Le ton dur répond à la demande nouvelle de l'industrie allemande, et le réarmement lui donne des résultats à montrer après des élections régionales difficiles.

Signaux qui trancheront✓ Budget adopté le 27/11 sans coupe dans la défense ni l'investissement.✗ Report du vote ou crise de coalition.
Ce que ça change pour une ETI
  • Allemagne : défense, infrastructures, énergie et numérique ouvrent de la commande aux sous-traitants français.
  • Chine : risque de flux chinois réorientés vers l'Europe, et de mesures européennes en réponse.
  • Ormuz : énergie et fret maritime restent exposés tant que le détroit est perturbé.
La question pour votre CODIR

Qu'est-ce qui nous empêche aujourd'hui de nous positionner sur les programmes d'investissement allemands ?

03
Secteur 03 · 3 voix

Capital & financement

Ceux qui fixent le prix de l'argent, et ceux qui décident où il va.

Larry Fink
Larry Fink
Président-directeur général de BlackRock
Dirige BlackRock, premier gestionnaire d'actifs au monde. Là où il oriente l'épargne, les capitaux suivent : sa parole annonce les grands flux d'investissement.
Ce qu'il dit · T3 2026
L'épargne doit financer l'infrastructure de l'IA

Pour lui, les data centers et l'électricité pour l'IA sont l'opportunité d'investissement du siècle, pas une bulle. Il chiffre le besoin américain à 10 000 Md$ sur dix ans, à financer par l'épargne privée : retraites, fonds de pension, assureurs.

Preuve« We're gonna need over 70 gigawatts of power. » CNBC, 10/08/2026.
David Rubenstein
David Rubenstein
Cofondateur et coprésident de Carlyle
Cofondateur de Carlyle, l'un des premiers fonds de capital-investissement au monde, et intervieweur des grands dirigeants de la planète. Il lit le cycle du capital non coté, celui qui achète et finance les ETI.
Ce qu'il dit · T3 2026
IA surévaluée, mais ne pas vendre en panique

Il juge les valorisations de l'IA « vraiment, vraiment élevées », tout en notant que les résultats de Nvidia montrent du concret. Comme pour la bulle internet, toutes les sociétés ne survivront pas ; pour lui, l'erreur la plus grave est de vendre sous la panique. Il tient cette ligne depuis fin juin.

PreuveLa « biggest mistake » en période de bulle est la vente de panique ; aux détenteurs : « maybe buy more ». 25/09/2026.
Emmanuel Moulin
Emmanuel Moulin
Gouverneur de la Banque de France
Gouverneur de la Banque de France depuis juin 2026 et membre du conseil de la BCE. Il pèse sur les taux européens et sur le débat budgétaire français, donc sur le coût de votre crédit.
Ce qu'il dit · T3 2026
Croissance française à l'arrêt, dette sous surveillance

La Banque de France prévoit 0,4 % de croissance en 2026. Il demande une trajectoire crédible de réduction des déficits et prévient que la France ne doit pas compter sur la BCE pour financer sa dette.

Preuve« La France n'a pas voté de budget en équilibre depuis 1974. » Ouest-France, 16/09/2026.
Synthèse secteurCapital & financement
L'argent redevient cher, et le capital privé cherche où se placer.

La BCE (10/09, dépôt à 2,50 %) et la Fed (16/09) ont relevé leurs taux, et la Banque de France demande à l'État de réduire son déficit, avec une croissance prévue à 0,4 %. Au même moment, les deux grands allocataires privés américains appellent à investir : Fink dans l'infrastructure de l'IA, Rubenstein à garder ses positions.

Seconde lecture

L'argent redevient cher, et ceux qui le gèrent veulent votre épargne dans le non coté.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · Capital & financementFink et Rubenstein parlent au moment où leurs maisons ont le plus besoin de nouveaux capitaux : 400 Md$ de levée visés d'ici 2030 pour BlackRock, « super-cycle de levée » chez Carlyle. La banque centrale, elle, ne promet rien : les conditions de crédit restent ouvertes jusqu'au début 2027.
Larry FinkLarry Fink
Ce qu'on entend : L'épargne privée doit financer l'infrastructure de l'IA.

Il décrit le circuit que BlackRock a acheté entre 2024 et 2025 : l'épargne retraite entre par les fonds à date cible, part vers GIP (infrastructures) et HPS (dette privée), puis vers le fonds IA qu'il préside. Le discours d'intérêt général ouvre aux particuliers des produits bien plus rémunérateurs que les ETF.

Signaux qui trancheront✓ Résultats de mi-octobre : levées en marchés privés en forte hausse.✗ Levées stables, encours retraite en non coté marginaux.
David RubensteinDavid Rubenstein
Ce qu'on entend : L'IA est surévaluée, mais ne vendez pas en panique.

Carlyle est en pleine levée et a besoin de marchés calmes pour vendre ses participations et convaincre les investisseurs de réinvestir : « pas de panique » protège les prix de sortie. Son livre, paru en septembre, présente le sport comme une classe d'actifs institutionnelle, ce qui valorise les Baltimore Orioles qu'il a achetés 1,725 Md$ en 2024.

Signaux qui trancheront✓ Résultats Carlyle de fin octobre : première clôture du nouveau fonds et distributions en hausse.✗ Levées et distributions en recul malgré le discours.
Emmanuel MoulinEmmanuel Moulin
Ce qu'on entend : La France ne doit pas compter sur la BCE.

Membre du conseil de la BCE, il pèse dans le débat budgétaire sans sortir du mandat européen, qui interdit de financer un État. En pleine préparation du budget 2027, le message s'adresse autant au gouvernement qu'aux acheteurs de dette française.

Signaux qui trancheront✓ Budget 2027 adopté avant le 31/12 avec un déficit en baisse.✗ Pas de budget 2027 au 31/12.
Ce que ça change pour une ETI
  • Crédit : BCE à 2,50 % et Fed à 3,75 %–4 %, sans trajectoire annoncée. Les renouvellements de lignes d'ici début 2027 peuvent se renchérir.
  • Capital privé : les fonds lèvent massivement et cherchent des cibles. Pour une ETI, c'est une source de financement, et un acheteur potentiel.
  • Dollar : l'écart de taux entre la Fed et la BCE reste large pour qui facture ou achète en dollars.
La question pour votre CODIR

Si un fonds frappait à notre porte demain, saurions-nous ce que nous voulons, et à quel prix ?

04
Secteur 04 · 3 voix

Énergie

Pétrole, gaz et électricité : ceux qui décident de l'offre et du prix de votre facture.

Sultan Al Jaber
Sultan Al Jaber
PDG d'ADNOC, ministre émirien de l'Industrie et des Technologies avancées
PDG d'ADNOC, la compagnie pétrolière des Émirats, ministre de l'Industrie et ancien président de la COP28. Depuis la sortie des Émirats de l'OPEP, il est l'un des rares à pouvoir augmenter l'offre de pétrole hors quotas.
Ce qu'il dit · T3 2026
Contourner Ormuz, produire sans quotas

Il décrit le blocage d'Ormuz comme la plus grave rupture d'approvisionnement jamais enregistrée et ne voit pas de retour complet des flux avant le premier semestre 2027. Sa réponse : des oléoducs qui contournent le détroit, 150 Md$ d'investissements ADNOC sur cinq ans, et la sortie de l'OPEP.

Preuve« Too much of the world's energy still moves through too few choke points. » Atlantic Council, 20/05/2026.
Fatih Birol
Fatih Birol
Directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie
Directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie depuis 2015. L'AIE gère les stocks d'urgence des pays importateurs et publie les chiffres de référence du marché de l'énergie.
Ce qu'il dit · T3 2026
L'électricité comme réponse à l'insécurité énergétique

Pour lui, la crise d'Ormuz montre que les pays qui électrifient leurs usages sont moins exposés. 61 % de l'investissement énergétique mondial va cette année à l'électricité. Il prévient d'une concurrence plus dure sur les cargaisons de gaz.

Preuve« Electricity demand increases three times faster than the total energy demand. » Séoul, 17/09/2026.
Patrick Pouyanné
Patrick Pouyanné
Président-directeur général de TotalEnergies
PDG de TotalEnergies, première entreprise française par le chiffre d'affaires. Producteur, raffineur et négociant, il voit toute la chaîne de l'énergie, du puits à la pompe.
Ce qu'il dit · T3 2026
Le pétrole ne manque pas, son transport coûte

TotalEnergies achète du brut du Golfe entre 50 et 60 $ le baril ; le passage par Ormuz ajoute environ 10 $ de fret. L'écart avec un Brent autour de 103 $ fin septembre tiendrait au transport et aux intermédiaires plus qu'au pétrole lui-même.

PreuveAchète du pétrole « entre 50 et 60 dollars le baril dans le golfe Persique ». 25/08/2026.
Synthèse secteurÉnergie
La rareté ne vient pas du pétrole, mais des routes.

Le choc d'Ormuz frappe d'abord le pétrole et le gaz : Brent autour de 103 $, gaz européen au-dessus de 75 €/MWh début septembre. Les trois voix s'accordent sur un point : le problème est logistique autant que géologique. Elles divergent sur la réponse : produire plus en contournant, électrifier, ou arbitrer entre les deux.

Seconde lecture

Chacun situe la crise là où il vend la solution.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · ÉnergieLes Émirats vendent des volumes hors quotas et hors Ormuz, l'AIE vend l'électrification, TotalEnergies vend sa place de négociant entre producteurs et consommateurs. Les trois lectures sont compatibles ; à l'acheteur de les combiner.
Sultan Al JaberSultan Al Jaber
Ce qu'on entend : Trop d'énergie passe par trop peu de détroits.

Le discours de sécurité justifie la sortie de l'OPEP, effective le 01/05/2026 : présenter comme une nécessité mondiale une hausse de production que les quotas bloquaient. Il positionne aussi les Émirats comme fournisseur fiable de l'Asie et de l'Europe, ce qui soutient les rachats de XRG (Covestro, gaz en Azerbaïdjan) et les investissements émiratis dans l'IA, en France comme aux États-Unis.

Signaux qui trancheront✓ À l'ADIPEC de novembre, second oléoduc confirmé pour 2027 et capacité en route vers 5 Mb/j.✗ Oléoduc reporté, plan revu à la baisse, ou retour à des plafonds coordonnés avec l'OPEP+.
Fatih BirolFatih Birol
Ce qu'on entend : La plus grande menace de l'histoire sur la sécurité énergétique.

Contestée par Washington, qui a menacé d'en sortir, l'AIE retrouve dans la crise sa mission d'origine : garantir l'approvisionnement. Pousser l'électrification lui permet de garder son discours sur la transition, présenté cette fois comme une question de sécurité et non de climat.

Signaux qui trancheront✓ Gaz européen au-dessus de 70 €/MWh en décembre.✗ Gaz sous 50 €/MWh avant janvier.
Patrick PouyannéPatrick Pouyanné
Ce qu'on entend : Le baril est disponible, c'est l'acheminement qui renchérit.

Producteur, raffineur, négociant et fournisseur de gaz, TotalEnergies place la hausse dans la logistique plutôt que dans la production. Pour un groupe qui achète au Golfe et vend en France, la crise touche ses deux positions en sens inverse.

Signaux qui trancheront✓ Le 29/10, raffinage et négoce en hausse.✗ Le 14/10, l'AIE signale une nouvelle baisse des volumes du Golfe.
Ce que ça change pour une ETI
  • Électricité : depuis la fin de l'ARENH, prix de marché. Livraison 2027 autour de 79 €/MWh, 2028 entre 52 et 56 €/MWh selon un courtier. EDF propose des contrats de 10 à 15 ans aux gros consommateurs.
  • Gaz : l'hiver 2026-2027 cote autour de 71 €/MWh, avec des stocks européens remplis à 67 %.
  • Gazole en hausse d'un tiers depuis février ; plastiques et chimie parmi les intrants les plus touchés.
La question pour votre CODIR

Quelle part de nos achats d'énergie 2027-2028 fixons-nous maintenant ?

05
Secteur 05 · 3 voix

Industrie européenne

Vos donneurs d'ordres : là où se décident les prix des intrants et les cahiers des charges.

Markus Kamieth
Markus Kamieth
Président du directoire de BASF
Dirige BASF, premier groupe chimique mondial, et préside la fédération européenne de la chimie (Cefic). La chimie alimente la plupart des filières industrielles : ses coûts deviennent les vôtres.
Ce qu'il dit · T3 2026
Ralentir le marché carbone européen

Pour lui, le marché européen du carbone se durcit plus vite que l'industrie ne peut se transformer, ce qui pousse l'investissement hors d'Europe. À Ludwigshafen, l'effectif passe sous les 30 000 salariés, une première depuis 1954.

Preuve« Europe can no longer afford a system that tightens faster than industry can realistically transform. » 30/06/2026.
Aditya Mittal
Aditya Mittal
Directeur général d'ArcelorMittal
Dirige ArcelorMittal, premier producteur d'acier en Europe. Ses prix et ses volumes se répercutent sur la mécanique, le bâtiment et l'automobile.
Ce qu'il dit · T3 2026
Quotas et taxe carbone : l'acier européen respire

Depuis le 01/07, les importations d'acier hors quotas paient 50 % de droits et les volumes importés sans droits baissent de 47 %. Pour lui, la concurrence est enfin « plus équilibrée ».

Preuve« The new tariff rate quota alongside CBAM is creating a more balanced competitive environment. » 30/07/2026.
Antonio Filosa
Antonio Filosa
Directeur général de Stellantis
Directeur général de Stellantis depuis 2025, premier constructeur automobile en France. Ses choix de production et de partenaires redessinent le travail de milliers de sous-traitants.
Ce qu'il dit · T3 2026
Un modèle pour les États-Unis, un autre pour le reste

Aux États-Unis, des véhicules conçus et produits sur place ; ailleurs, des partenariats avec des constructeurs chinois (Leapmotor, Dongfeng). Les droits de douane coûteront 1 à 1,2 Md€ à Stellantis en 2026.

Preuve« We see clearly the world divided into two things: one is the US, and then we have the rest of the world. » 10/09/2026.
Synthèse secteurIndustrie européenne
Les règles publiques font désormais la compétitivité autant que les coûts.

L'acier profite de protections renforcées, la chimie demande un marché carbone plus lent, l'automobile s'organise autour de deux régimes commerciaux qui s'éloignent. Fin 2026 concentre les échéances : preuve de l'origine de l'acier, fin de la pause chinoise sur les terres rares, révision des quotas.

Seconde lecture

Chacun réclame la règle qui le protège, au moment précis où elle se négocie.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · Industrie européenneLeurs demandes se contredisent : ce que l'acier obtient renchérit les intrants de l'automobile et de ses sous-traitants. Les ETI se trouvent au milieu, payant la protection des uns et subissant la réorganisation des autres.
Markus KamiethMarkus Kamieth
Ce qu'on entend : Le marché carbone va trop vite.

Il parle à la fois comme patron de BASF et comme président de la fédération européenne de la chimie, au moment où la réforme du marché carbone se négocie à Bruxelles. Le groupe relève sa prévision de résultat tout en jugeant Ludwigshafen insuffisamment rentable.

Signaux qui trancheront✓ Le 28/10, nouvelles réductions de capacités en Europe.✗ Un investissement européen majeur annoncé d'ici janvier.
Aditya MittalAditya Mittal
Ce qu'on entend : La concurrence est plus équilibrée.

Premier producteur européen d'acier, il dépend directement des volumes importés. Montrer que les mesures produisent leurs effets, c'est les défendre avant leur première révision, le 31/12.

Signaux qui trancheront✓ Le 05/11, livraisons européennes stables ou en hausse.✗ La révision de fin d'année assouplit les quotas.
Antonio FilosaAntonio Filosa
Ce qu'on entend : Le monde est coupé en deux.

Il rassure Washington sur l'origine américaine de ses véhicules tout en défendant ses alliances chinoises à Bruxelles, où les règles CO2 et le « Made in Europe » se rediscutent. La même stratégie se présente différemment selon l'interlocuteur.

Signaux qui trancheront✓ Bruxelles assouplit le CO2 ou accepte les coentreprises chinoises d'ici janvier.✗ Partenariats chinois restreints en Europe.
Ce que ça change pour une ETI
  • Acier : depuis le 01/10, l'importateur doit prouver le pays où l'acier a été coulé.
  • Donneurs d'ordres : les partenariats chinois des constructeurs peuvent rebattre les cahiers des charges.
  • Terres rares : fin de la suspension chinoise d'une partie des contrôles le 10/11 ; les pièces à aimants sont exposées.
La question pour votre CODIR

Si un grand client confie une partie de sa production à un partenaire chinois, où voulons-nous être ?

06
Secteur 06 · 3 voix

Commerce & guerre des puces

Ceux qui écrivent les droits de douane, et celui qui vend les puces au cœur de la bataille.

Jamieson Greer
Jamieson Greer
Représentant américain au commerce (USTR)
Représentant américain au commerce. C'est lui qui instruit les enquêtes et écrit les droits de douane appliqués à vos exportations vers les États-Unis.
Ce qu'il dit · T3 2026
Des droits reconstruits secteur par secteur

Après l'invalidation des droits IEEPA par la Cour suprême, Washington passe par des enquêtes par pays et des droits par secteur. L'UE fait partie des 16 économies visées par l'enquête sur les surcapacités, toujours ouverte.

Preuve« A real dialogue can only take place during a ceasefire. » USTR, 23/07/2026.
Ursula von der Leyen
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne
Présidente de la Commission européenne. Elle négocie les accords commerciaux au nom des 27 et décide des mesures de défense commerciale de l'Union.
Ce qu'il dit · T3 2026
Multiplier les accords, durcir le ton face à Pékin

Mercosur appliqué à titre provisoire, accord avec l'Inde transmis pour signature, Canada invité comme « membre associé ». Face à la Chine, elle annonce des mesures de défense commerciale.

Preuve« Notre déficit commercial avec la Chine atteint désormais un milliard d'euros par jour. » 16/09/2026.
Jensen Huang
Jensen Huang
Fondateur et PDG de Nvidia
Fondateur et PDG de Nvidia, fournisseur des puces qui font tourner l'IA mondiale. Il est au cœur de la bataille commerciale entre Washington et Pékin sur les semi-conducteurs.
Ce qu'il dit · T3 2026
Ouvrir la Chine, sinon Huawei gagne

Il défend une idée simple : fermer la Chine aux puces américaines ne l'arrête pas, cela renforce Huawei et les puces chinoises. Dans les faits, les ventes de H200 autorisées ont pesé moins de 1 % de son chiffre data center, et Nvidia n'inscrit plus aucun revenu chinois dans ses prévisions : Pékin freine autant que Washington.

Preuve« China is one of the world's great centers of technology and industry. » Pékin, 22/06/2026.
Synthèse secteurCommerce & guerre des puces
La guerre tarifaire passe du décret à la procédure, et les puces deviennent la monnaie d'échange.

Washington avance secteur par secteur, Bruxelles multiplie les accords et les mesures contre la Chine, et les puces sont au centre de tout : contrôles à l'export, droits américains sur les semi-conducteurs, ventes de H200 à la Chine réduites à presque rien. Pour un exportateur, le taux général de 10 % compte moins que le code douanier de chaque produit.

Seconde lecture

Des droits comme leviers, des accords comme parade, les puces comme monnaie d'échange.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · Commerce & guerre des pucesWashington garde ses enquêtes ouvertes pour négocier, Bruxelles empile les accords pour montrer qu'elle a d'autres débouchés, et Nvidia plaide l'ouverture pour garder la Chine dans son écosystème. Pour un exportateur, la règle dépend désormais du produit plus que du pays.
Jamieson GreerJamieson Greer
Ce qu'on entend : Pas de vrai dialogue sans cessez-le-feu.

Depuis l'arrêt de la Cour suprême, il doit passer par des procédures d'enquête formelles. L'enquête ouverte contre l'UE sert de levier dans le bras de fer sur les règles numériques européennes ; les droits sont attendus après le 03/11.

Signaux qui trancheront✓ Conclusions et nouveaux droits sectoriels sur l'UE d'ici janvier.✗ Enquête close sans droits pour l'UE.
Ursula von der LeyenUrsula von der Leyen
Ce qu'on entend : Un milliard d'euros de déficit par jour avec la Chine.

Chaque accord montre que l'UE a d'autres débouchés que Washington. Le ton plus dur face à Pékin répond à la demande de l'industrie allemande, sa base de soutien, et donne des gages à Paris, principal opposant au Mercosur. Sa position au Parlement reste fragile : quatrième motion de censure rejetée en janvier.

Signaux qui trancheront✓ Une mesure concrète contre la Chine après l'échéance d'octobre.✗ Rien sur la Chine au Conseil européen des 15-16/10.
Jensen HuangJensen Huang
Ce qu'on entend : Bloquer la Chine, c'est armer Huawei.

« Huawei va gagner si on nous bloque » est d'abord un argument de lobbying à Washington ; ses propres projections sur Huawei ont été contestées par des experts. Garder les laboratoires chinois sur des puces Nvidia, c'est les garder dans son écosystème logiciel CUDA, un verrou qui vaut plus que le chiffre d'un trimestre. En s'affichant allié de la Maison-Blanche et partisan du « produire aux États-Unis », il achète du crédit face au Congrès et aux droits sur les semi-conducteurs.

Signaux qui trancheront✓ Fin novembre, Nvidia réintègre du chiffre chinois dans ses prévisions.✗ La loi de défense américaine adopte les nouvelles restrictions sur les puces vers la Chine.
Ce que ça change pour une ETI
  • Droits par secteur : acier et aluminium à 50 %, hors du taux général de 10 %. L'enquête américaine vise aussi machines, chimie et électronique.
  • Puces : de nouveaux droits américains sur les semi-conducteurs se préparent. Vos équipements à forte électronique peuvent en porter le coût.
  • Débouchés : Mercosur ouvert depuis mai, Inde en approche avec 96 % des exportations européennes détaxées, à condition de prouver l'origine européenne.
La question pour votre CODIR

Quelle part de nos ventes aux États-Unis relève d'un droit sectoriel, et l'avons-nous intégrée dans nos prix ?

07
Secteur 07 · 3 voix

Défense & sécurité

Ceux qui transforment les budgets votés en commandes.

Mark Rutte
Mark Rutte
Secrétaire général de l'OTAN
Secrétaire général de l'OTAN depuis 2024, ancien Premier ministre des Pays-Bas. Il coordonne les 32 alliés et leur objectif de 5 % du PIB pour la défense.
Ce qu'il dit · T3 2026
Des budgets aux usines

Il maintient l'objectif de 5 % du PIB d'ici 2035 et exige des plans nationaux « clairs, concrets et crédibles ». À Ankara, il annonce des contrats « pour des dizaines de milliards » et ouvre un guichet unique aux entreprises, PME comprises.

PreuveDes contrats « pour des dizaines de milliards de dollars, et ce n'est pas fini ». 07/07/2026.
Guillaume Faury
Guillaume Faury
Président exécutif d'Airbus
Président exécutif d'Airbus, premier industriel aéronautique et spatial européen et pilier de la défense européenne. Des milliers d'ETI françaises travaillent dans sa chaîne.
Ce qu'il dit · T3 2026
Coopérer maintenant, ou se fragmenter pour des décennies

Après l'abandon du SCAF par Paris et Berlin en juin, il se dit « pas nécessairement optimiste » sur la défense européenne commune, et estime que tout se joue dans les prochaines années.

Preuve« Nous finirons avec des solutions nationales fragmentées pour des décennies. » 03/07/2026.
Alex Karp
Alex Karp
Cofondateur et PDG de Palantir
Cofondateur et PDG de Palantir, dont les logiciels d'analyse de données équipent l'armée américaine, l'OTAN et plusieurs armées européennes. La voix la plus offensive sur l'IA au service des États.
Ce qu'il dit · T3 2026
Une IA de défense sous contrôle des États

Il présente Palantir comme la couche d'IA indépendante des modèles, qui laisse aux États et aux entreprises le contrôle de leurs données. Nouveau en septembre : selon lui, les grands laboratoires d'IA finiront nationalisés à cause du risque juridique qu'ils portent, et il accuse nommément Anthropic. Les résultats suivent : chiffre d'affaires de 1,9 Md$ au T2 (+93 %).

Preuve« It will be nationalized simply because of the liability issues. » CNBC, 17/09/2026.
Synthèse secteurDéfense & sécurité
L'argent est voté ; la bataille se joue sur les usines et sur le logiciel.

En France, la loi de programmation actualisée ajoute 36 Md€ d'ici 2030, dont 8,5 Md€ pour les munitions. Le frein est désormais la capacité à produire : Rheinmetall, avec un carnet de 80,5 Md€, pointe ses goulots sur les missiles. Et la bataille se déplace vers le logiciel : qui contrôle l'IA et les données des armées.

Seconde lecture

Transformer la peur en commandes pluriannuelles, avant que les urnes ne tranchent.

Hypothèses construites sur des faits datés et sourcés, qui relient chaque discours aux intérêts vérifiables de celui qui parle.

Le dessous des cartes · Défense & sécuritéLes trois convergent : l'argent est là, il faut des usines et des logiciels. Chacun le formule depuis sa position : l'OTAN pour tenir les alliés, Airbus pour peser dans les futurs programmes européens, Palantir pour se poser en fournisseur souverain de l'IA militaire. Le goulot industriel descend vers les fournisseurs de rang 2 et 3, là où sont les ETI.
Mark RutteMark Rutte
Ce qu'on entend : Des plans crédibles et des contrats signés.

Des contrats signés, on peut les montrer à Washington comme la preuve que l'Europe paie. Mettre en avant les commandes évite aussi de mettre en lumière les alliés en retard : seuls 5 sur 32 devraient atteindre 3,5 % en 2026. Son travail est d'abord de garder les États-Unis dans l'OTAN.

Signaux qui trancheront✓ Premier appel du guichet OTAN aux entreprises d'ici janvier.✗ Un allié revoit publiquement sa trajectoire à la baisse.
Guillaume FauryGuillaume Faury
Ce qu'on entend : Coopérer maintenant ou se fragmenter.

Partenaire d'un programme qui vient d'être arrêté sur un désaccord de répartition des tâches, Airbus se place comme pivot naturel des futurs programmes européens à plusieurs pays.

Signaux qui trancheront✓ Nouveau programme européen multi-pays avec Airbus d'ici janvier.✗ Paris ou Berlin lance seul un avion de combat.
Alex KarpAlex Karp
Ce qu'on entend : Les laboratoires d'IA seront nationalisés.

Nationaliser les laboratoires, ou les exposer à des poursuites pénales, affaiblirait les deux concurrents qui entrent chez le premier client de Palantir : le Pentagone. Palantir resterait l'intermédiaire « souverain » par défaut. Avec un titre valorisé autour de 54 fois ses ventes, cette position est son actif principal.

Signaux qui trancheront✓ Le Pentagone gèle ou réduit les contrats d'OpenAI ou d'Anthropic d'ici janvier.✗ Nouveaux contrats Pentagone attribués aux laboratoires d'IA.
Ce que ça change pour une ETI
  • Programme européen SAFE : achats menés par au moins deux États, 35 % maximum de composants hors UE. Tracer l'origine devient un atout.
  • Financement : 46,6 Md€ déclarés par les banques françaises, mais trésorerie et délais de paiement restent le point dur.
  • Certification EN 9100, habilitations, recrutement : les vraies conditions d'entrée.
La question pour votre CODIR

Lesquels de nos savoir-faire répondent déjà à un besoin d'un maître d'œuvre défense ?

08
Seconde lecture · T3 2026

Le dessous des cartes.

Trois mécanismes communs aux 21 secondes lectures, puis les dates qui les trancheront.

Le dessous des cartes du trimestre

La seconde lecture des 21 voix fait apparaître trois mécanismes communs. Ce sont eux qui comptent pour décider, plus que les déclarations.

1. Le calendrier financier dicte le discours

Anthropic prépare sa Bourse, OpenAI repousse la sienne, BlackRock et Carlyle lèvent pour le non coté, Palantir défend une valorisation hors norme. Quand une voix parle, regardez d'abord quelle échéance financière l'attend dans les trois mois.

2. Tout le monde gagne du temps

Élections américaines le 03/11, budget allemand le 27/11, révision des quotas acier au 31/12, fin de la trêve sino-américaine le 10/01. Une grande partie des positions du trimestre sont des positions de négociation.

3. Chacun vend la solution à la crise qu'il décrit

Les Émirats vendent des volumes hors Ormuz, l'AIE l'électrification, l'acier la protection, Nvidia l'ouverture, les laboratoires la sécurité. Le diagnostic n'est jamais neutre : il annonce l'offre de celui qui le pose.

Chronologie · octobre 2026 – janvier 2027

Les dates qui trancheront.

À vérifier à la prochaine édition. Chaque date confirme ou dément une lecture de cette revue.

01/10jeudi
Preuve du pays de coulée exigée pour l'acier importéIndustrie européenne
La protection de l'acier européen s'applique-t-elle vraiment aux frontières ?
08/10jeudi
Négociation commerciale UE–Chine à Pékin (jusqu'au 09/10)Commerce & guerre des puces
Bruxelles obtient-elle des concessions, ou prépare-t-elle une mesure ?
Mi-octobre
Résultats BlackRockCapital & financement
L'épargne retraite américaine part-elle vers le non coté ?
15/10jeudi
Conseil européen (jusqu'au 16/10)Commerce & guerre des puces
Le durcissement de von der Leyen face à la Chine se traduit-il en mesure concrète ?
27/10mardi
Législatives en Israël · Fed (jusqu'au 28/10)Géopolitique & conflits
Le front iranien se stabilise-t-il ? La Fed poursuit-elle la hausse de ses taux ?
28/10mercredi
Résultats BASF, Stellantis, AirbusIndustrie européenne
Nouvelles réductions de capacités chimiques en Europe ? Le cap de Filosa et de Faury est-il confirmé ?
29/10jeudi
BCE · résultats TotalEnergiesÉnergie
L'argent continue-t-il de renchérir ? Le raffinage et le négoce profitent-ils de la crise ?
Fin octobre
Résultats CarlyleCapital & financement
Le nouveau fonds lève-t-il, et les distributions remontent-elles ?
03/11mardi
Élections américaines de mi-mandatGéopolitique & conflitsÉchéance pivot
Droits de douane, trêve avec Pékin, budget de défense : la marge de manœuvre de Washington pour 2027.
05/11jeudi
Résultats ArcelorMittalIndustrie européenne
Les livraisons européennes tiennent-elles derrière les quotas ?
10/11mardi
Fin de la suspension chinoise sur une partie des terres raresIndustrie européenne
Pékin prolonge-t-elle la pause, ou reprend-elle son levier ?
18/11mercredi
APEC à Shenzhen (jusqu'au 19/11)Géopolitique & conflits
Une rencontre sino-américaine prépare-t-elle la prolongation de la trêve ?
27/11vendredi
Vote du budget allemand 2027Géopolitique & conflits
Merz fait-il passer défense et investissement sans coupe ?
02/12mercredi
AI Act : marquage des contenus générés par l'IAIntelligence artificielle
Première obligation concrète de l'AI Act pour les entreprises qui publient des contenus produits par l'IA.
31/12jeudi
Révision des quotas acier de l'UEIndustrie européenne
Les quotas sont-ils durcis, ou assouplis sous la pression des utilisateurs d'acier ?
10/01dimanche · 2027
Fin de la trêve États-Unis–ChineGéopolitique & conflitsÉchéance pivot
Prolongation, ou retour des mesures suspendues de part et d'autre ?
Préparer vos OKR 2027

Trois façons d'utiliser cette revue.

Cette veille stratégique trimestrielle sert un moment précis : celui où le Comex fixe les objectifs de l'année suivante.

01

Tester vos hypothèses

Prix de l'énergie, coût de l'argent, droits de douane, calendrier de l'IA : chaque thème donne les faits datés sur lesquels appuyer un objectif, ou le revoir.

02

Caler vos points de contrôle

Les dates qui trancheront deviennent vos jalons : un résultat clé qui dépend du 03/11 ou du 10/01 se relit à ces dates.

03

Ouvrir la discussion au Comex

La question posée à la fin de chaque thème se met telle quelle à l'ordre du jour de votre prochain comité de direction.

La prochaine édition, T4 2026, confrontera ces lectures aux faits.

Ludovic Baumgartner, Executive Coach
Coaching & mentoring exécutif

Clarifier vos décisions, conduire votre transformation IA.

Cette revue est une veille, pas une expertise sectorielle. Mon métier est le coaching de dirigeants : j'accompagne les dirigeants d'ETI et leur Comex dans leurs prises de décision et dans leur transformation IA.

— Ludovic Baumgartner, Executive Coach & auteur de « Pourquoi je n'arrive pas à changer ? »

Faits arrêtés au 27/09/2026, sources publiques citées pour chaque voix. Les secondes lectures sont des hypothèses fondées sur des faits vérifiables, tranchées par les signaux datés indiqués. Veille d'information : ni conseil en investissement, ni conseil juridique.